Quoi qu'il en soit, il faut savoir que les protestations sont nombreuses et, pour beaucoup, plus que fondées, sur l'absurdité du texte, et sur le fait que la France n'a même pas rempli son rôle de transposeur de texte européen, car elle va plus (beaucoup trop) loin que cette même loi! Dois-je rappeller qu'on a même réussi, en France, a voter un amendement (amendement vive l'endive et univers sale) americain, que les USA ont refusé!!! Par exemplz, pas plus tard que tout à l'heure, je suis tombé sur un communiqué de presse de stopDRM.com envoyé aux media pour leur annoncer notre action d'aujourd'hui. Lisez plutot :


" Un collectif de citoyens, stopDRM (Non aux verrous numériques), né sur internet à l’occasion des débats sur la loi DADVSI, annonce l’organisation dans plusieurs villes de France (Paris - avec plus d’une centaine de participants attendus à la FNAC Forum - Lyon, Brest, Marseille, Toulouse, Grenoble) des premières opérations de rendu de CD et DVD protégés (aussitôt achetés, aussitôt rendus) le mercredi 22 mars à 18h45.

Ce collectif, à l’instar d’autres associations, dénonce un texte de loi qui, sous la pression de l’industrie du disque, et au risque de couper durablement les internautes des artistes, instaure l’état d’urgence numérique. Ce texte de loi place tous les citoyens en situation d’insécurité juridique, notamment les grands acheteurs de disques (750€ d’amende si on fait une copie de trop d’un CD ou d’un DVD acheté légalement). Ce texte, où chaque sous-amendement contredit le précédent, est un monument d’ambiguïté et d’insécurité juridique. Exemple de manque de réflexion manifeste : il est moins dangereux de télécharger illégalement un fichier (150€ d’amende) que d’acheter un CD protégé et d’en faire une copie de trop (750€ d’amende).

Notre collectif refuse la pénalisation du contournement des DRM : ni l’industrie du disque, ni la police n’ont à s’immiscer dans notre vie privée et nous verbaliser 750€ d’amende parce que nous avons fait une 6ème compilation différente avec les CD que nous avons acheté (fort cher). Dans ces conditions personne n’achètera plus de CD. Nous refusons les DRM et nous appelons tous les citoyens à refuser d’acheter les CD et DVD protégés, dangereux pour leur vie privée, et dangereux pénalement.

Nous appelons le gouvernement à retirer ce texte de loi, nous appelons les sénateurs à rejeter ce texte, nous appelons le conseil constitutionnel à censurer ce texte, nous appelons tous les acteurs politiques à la raison et à ouvrir un vrai débat qui fasse prévaloir l’intérêt général et la culture. En attendant, nous continuerons à refuser d’acheter des CD DRM et à le faire savoir. Pour reprendre les mots de Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça ne se vende pas ! »" le texte original peux etre vu ici





mais biensur ca parle de CD DVD et de copie privé... bon, mais si je vous dit que demain l'etat aura bradé l'education national au major et autre gestionnaire de droit d'auteurs? quoi vous me croyez pas ... lisez ca alors et on en reparle apres :

"Effet secondaire de la loi DADVSI (droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information), le ministre de la culture a divulgué le 9 mars les accords sectoriels conclus entre le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et les sociétés de gestion des droits dans les secteurs de la musique, de l’audiovisuel, de la presse, des arts visuels et de l’écrit (ADAMI, ADAGP, SACD, SACEM, SCAM, PROCIREP, etc.). Alors que la directive européenne de 2001, que la loi française est censée adapter, recommandait la mise en place d’une exception pédagogique inspirée du fair use américain, autrement dit l’exemption du droit d’auteur pour les usages d’enseignement et de recherche, le ministère de la culture a choisi d’imposer l’application d’un droit contractuel au sein des lycées et des universités, qui transforme les contenus d’enseignement et de recherche en marchand.

Les accords limitent explicitement les usages des œuvres visuelles à l’illustration des cours, thèses ou colloques, sans imaginer que ces œuvres puissent former l’objet de l’analyse. Ils exigent de limiter la communication des œuvres protégées aux seuls chercheurs et étudiants. Ils excluent l’usage des DVD ou VHS achetés dans le commerce par les enseignants. Ils normalisent la notion d’extrait de film à un maximum de six minutes chaque, et limitent à 15% d’une œuvre leur ensemble. Ils interdisent de dépasser un quota de vingt images mises en ligne par cours ou travail de recherche, dans un format maximum de 400 pixels de côté. Ils interdisent pour les professeurs l’archivage, le classement dans des bases de données, l’indexation en ligne des images ou des extraits de films, qui ne peuvent faire l’objet que d’un usage temporaire. Ils interdisent pour les élèves et les étudiants de copier ces contenus. Ils requièrent la communication des mots de passe des intranet et extranet scolaires et universitaires et confèrent aux représentants des sociétés de gestion le droit de vérifier le contenu des cours, communications, thèses, etc. Des limitations similaires sont énoncées pour l’usage des œuvres musicales ou de la presse.

Ces exigences sont tout à fait normales de la part des sociétés de gestion des droits dans un cadre commercial. Elles se trouvent ici strictement transposées à l’univers académique, contre paiement en monnaie sonnante et trébuchante, sans aucune adaptation à ses spécificités, ni aucune concertation avec ses acteurs. A une époque où les usages des contenus culturels dans l’enseignement comme leur analyse dans le cadre de la recherche connaissent un heureux développement, n’importe quel professeur, n’importe quel chercheur aurait pu expliquer aux rédacteurs du ministère de la culture que ces dispositions sont simplement et strictement inapplicables. Mais elles sont aussi particulièrement dangereuses. Outre qu’elles auront pour effet de freiner l’essor de ces domaines de recherche, au moment même où les cultural studies s’imposent largement dans le domaine anglo-saxon, elles vont aussi détourner les chercheurs et les enseignants des corpus français, au profit de sources notamment américaines, relevant par définition du fair use. Elles produiront une césure artificielle entre contenus libres de droits et contenus payants, en orientant les choix en fonction des ressources plutôt que des nécessités de l’analyse. Elles creuseront le fossé entre universités riches et universités pauvres. Elles ont enfin la caractéristique d’imposer le contrôle et la traçabilité des contenus d’enseignement et de recherche dans l’univers académique par des sociétés privées, ce qui place la France dans une situation unique parmi les pays développés.

L’usage des contenus audiovisuels requiert déjà suffisamment de travail et de soin de la part des professeurs et des étudiants, en supposant un accès compliqué aux sources, la maîtrise et la disponibilité de technologies et de matériels de présentation divers, pour ne pas avoir besoin au surplus d’être criminalisé. Au contraire, cet usage requiert d’être soutenu par des mesures propices et protégé par l’application de l’exception pédagogique que recommandent la directive européenne du 22 mai 2001 et la Conférence des présidents d’université (CPU).

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, habitués à montrer plusieurs milliers d’images par an, nous refusons de limiter nos usages iconographiques à quelque quota que ce soit.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, nous refusons d’interdire l’accès à nos séminaires aux auditeurs libres.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, nous refusons d’employer les maigres subsides de la recherche publique à rémunérer de richissimes sociétés privées.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, nous refusons de trier au sein de l’iconographie utilisée pour nos recherches ou nos cours entre images libres de droits et images sous contrat, et à renoncer pour les secondes à l’archivage et au classement - ce qui interdit en pratique tout travail réel sur ces corpus.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, nous refusons de voir nos cours, nos ordinateurs ou nos abonnements Internet contrôlés par des sociétés privées.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, tant que ces contrats seront en application, nous sommes dans l’obligation d’informer les étudiants que l’étude du patrimoine français du XXe siècle peut les confronter à d’inextricables difficultés dans la mise en œuvre ou la valorisation de leur recherche. Nous devons leur signaler qu’il sera par définition moins contraignant de travailler sur des corpus du domaine public ou sur les corpus américains, anglais, allemands, canadiens, etc., dont l’usage relève du fair use.

En tant que chercheurs et enseignants en études visuelles, nous encourageons les chercheurs, enseignants et étudiants à se mobiliser contre ces dispositions et à réclamer l’application de l’exception pédagogique, recommandée par la directive européenne du 22 mai 2001.

Jacques Aumont (université Paris III/EHESS), Laurence Bertrand-Dorléac (Institut universitaire de France), François Brunet (université Paris VII), Giovanni Careri (EHESS), Jean-Paul Colleyn (EHESS), Marin Dacos (EHESS), Christian Delage (université Paris VIII), Françoise Denoyelle (ENS Louis-Lumière), Georges Didi-Huberman (EHESS), Vincent Guigueno (ENPC), André Gunthert (EHESS), Jean Kempf (université Lyon II), Sylvain Maresca (université de Nantes), Eric Michaud (EHESS), Dominique Pestre (EHESS), Michel Poivert (université Paris I). "

Le Communiqué des enseignants-chercheurs en études visuelles original


quand on pense qu'on est loin de voir tous les defaut de cette loi (qu'on decouvrira au fur et a mesure de son application) je pense qu'il y a de quoi s'alarmer ... et puis pour une fois qu'on peux essayer de proteger une liberté a la culture pour tous, je pense que c'est peu de chose en memoire de tout ceux qui ont militer pour la liberté ....